SeneTube : entre liberté de création et responsabilité des contenus

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AbdoulNdiaye
SeneTube offre une vraie liberté de création aux vidéastes sénégalais. Mais cette liberté s’accompagne aussi d’une responsabilité face aux contenus diffusés et à leur impact.

SeneTube s’est imposée comme une plateforme à part dans le paysage numérique sénégalais. Ici, les créateurs parlent wolof, français, sérère, pulaar...et parfois tout en même temps, filment la rue, la maison, le quartier, la vraie vie. Cette liberté de ton et de forme fait clairement partie de l’ADN de la plateforme. Mais comme toute liberté, elle soulève une question essentielle : jusqu’où peut-on aller sans perdre le sens des responsabilités ?

Une liberté de création précieuse

L’un des grands atouts de SeneTube, c’est de laisser la parole à ceux qu’on entend rarement ailleurs. Jeunes vidéastes, humoristes de quartier, chroniqueurs improvisés, citoyens engagés… chacun peut raconter le Sénégal à sa manière, sans filtres trop rigides ni codes importés.

Cette liberté permet l’émergence de contenus authentiques, parfois drôles, parfois dérangeants, souvent très proches du quotidien. Elle donne aussi naissance à des talents bruts, qui n’auraient peut-être jamais trouvé leur place sur des plateformes plus standardisées.

Quand la visibilité devient une responsabilité

Mais plus une vidéo circule, plus son impact grandit. Et c’est là que le débat commence. Certaines publications cherchent le buzz à tout prix : clashs, mises en scène douteuses, atteintes à la vie privée ou propos maladroits. Le problème n’est pas de choquer, mais de banaliser certaines dérives sous prétexte de faire rire ou de faire le million de vues.

Sur une plateforme locale comme SeneTube, l’effet est encore plus direct. Les personnes filmées sont souvent des voisins, des proches, des anonymes reconnaissables. La frontière entre informer, divertir et nuire peut vite devenir floue.

Trouver l’équilibre sans censurer

L’enjeu pour SeneTube n’est donc pas de brider la créativité, mais de favoriser une prise de conscience collective. Créer librement ne signifie pas créer sans réfléchir. Poser des limites claires, encourager les contenus responsables et valoriser les créateurs engagés peut permettre à la plateforme de grandir sans perdre son âme.

Après tout, raconter la société sénégalaise, c’est aussi accepter d’en montrer la complexité, sans tomber dans l’excès facile.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

La liberté de création doit-elle avoir des limites sur les plateformes locales ?

N’hésitez pas à partager cet article et à lancer le débat autour de vous.

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