Entre buzz et malaise : quand filmer devient un problème

AbdoulNdiaye avatar   
AbdoulNdiaye
À l’ère du buzz permanent, filmer est devenu un réflexe. Mais à quel moment cette pratique franchit-elle la ligne rouge et devient un véritable malaise social ?

Quand le téléphone devient un réflexe

 

Aujourd’hui, tout se filme. Une dispute dans la rue. Une chute maladroite. Un moment de détresse. Le téléphone sort plus vite que l’aide, parfois même plus vite que la réflexion. On filme avant de se demander si c’est nécessaire. Ou juste humain.

Ce geste est devenu banal, presque automatique. Comme si chaque instant avait le potentiel de devenir viral, et donc rentable en likes, en vues ou en reconnaissance éphémère.

 

Le buzz à tout prix

Le problème, ce n’est pas la caméra. C’est l’intention derrière.

Filmer pour informer, dénoncer ou documenter peut avoir du sens. Mais filmer pour se moquer, exposer ou humilier, là, le malaise commence.

Certaines vidéos font rire. D’autres font honte. Et parfois, on ne sait plus très bien pourquoi on regarde, ni pourquoi on partage. On clique, on commente, on passe à autre chose, pendant que la personne filmée, elle, doit continuer à vivre avec ça.

 

La frontière floue entre public et privé

Dans la rue, dans les transports, à l’hôpital, même dans des moments de grande vulnérabilité, plus rien ne semble vraiment privé.

Le droit à l’image est souvent ignoré. Le consentement aussi. Comme si être dehors signifiait automatiquement être filmable.

Et pourtant, personne n’a envie de devenir le buzz du jour à cause d’un moment de faiblesse, d’erreur ou de fatigue. Surtout pas sans l’avoir choisi.

 

Filmer oui, mais à quel prix ?

À force de tout filmer, on finit par banaliser l’humiliation. On confond visibilité et valeur. On oublie qu’un buzz dure quelques heures, mais que ses conséquences peuvent rester longtemps.

La vraie question n’est donc pas “est-ce que je peux filmer ?”, mais plutôt “est-ce que je devrais le faire ?”.

Parfois, poser le téléphone, c’est déjà faire preuve d’humanité. Et c’est peut-être ça, le vrai courage aujourd’hui.

 

Et vous, vous en pensez quoi ?

Le débat est ouvert, et il nous concerne tous.

Si cet article vous a parlé, n’hésitez pas à le partager. Parce qu’en parler, c’est déjà commencer à réfléchir autrement à notre manière de filmer le monde.

Walang nakitang komento